L'invité
Alain Perriot est professeur de judo dans deux clubs franciliens : le Judo Club Bolivar (Paris 19e, 300 à 350 licenciés) et un club à Emerainville (une centaine de licenciés). Formé à partir de 6 ans par Daniel Chauvin, puis par Guy (prénom), il a obtenu son BE en 1994 avant 1995. Professionnel du judo à temps plein depuis lors, il est connu pour avoir accompagné Teddy Riner (de 6 à environ 15 ans) et Luka Mkheidze (médaillé de bronze à Tokyo 2020, argent à Paris 2024) dans leurs premières années, ainsi que plus récemment Tiéman (champion de France). Il se définit comme "prof de quartier", transmetteur de plaisir avant d'être fabricant de compétiteurs.
Le sponsor
IPM Sport — Institut de la Préparation Mentale, dirigé par Jonathan Bel Legroux. Présente la préparation mentale comme une compétence à entraîner, destinée aux sportifs, entraîneurs et membres du staff. Met en avant une méthode éthique et déontologique, sans "recette miracle".
Les grands thèmes abordés
- Le profil atypique de l'éducateur de club qui forme des champions sans le chercher : pourquoi la passion transmet mieux que la méthode
- Lire le groupe avant de décider le contenu du cours : les 5 premières minutes définissent la séance
- La pédagogie positive : transformer l'erreur en piste, ne jamais retirer une technique à un élève qui la réussit autrement qu'attendu
- Le cours "feuille blanche" : laisser les élèves — même les tout-petits — construire leur propre judo
- Compétition : ne pas pousser trop vite, éviter les tournois en catégorie Benjamin (≈ 10 ans), laisser venir la faim de compétition
- La motricité, l'équilibration et le jeu comme fondations : ce que Alain faisait avant que le terme "échelle de coordination" existe
- La relation parent-enfant-prof : laisser les parents voir les cours, les intégrer au projet sans en faire des gestionnaires
- Le judo comme sport d'équipe masqué : on ne progresse pas sans l'autre, le rôle du uke (celui qui chute) est central
- Les passages de grade découplés de la compétition : la ceinture récompense le travail technique, pas les médailles
- La transmission et la durée : pourquoi un bon entraîneur cherche à ne pas être indispensable, et à développer l'autonomie de l'athlète
Lexique
- Uke / Tori : en judo, le uke est le partenaire qui reçoit la technique et chute ; le tori est celui qui exécute. Les deux rôles sont indispensables à la progression.
- Randori : libre pratique, entraînement libre par opposition aux exercices codifiés (kata). L'équivalent du jeu ou du scrimmage dans d'autres sports.
- Uchi-komi : répétition de la phase d'entrée d'une technique sans aller jusqu'à la chute — exercice fondamental de conditionnement technique.
- Nage-waza / Ne-waza : le nage-waza désigne les techniques de projection (debout) ; le ne-waza désigne le travail au sol (contrôles, étranglements, clés).
- Tachi-waza : techniques debout (synonyme partiel de nage-waza dans le contexte courant).
- Kumikata : la saisie, la prise en main — façon dont les judokas s'empoignent. Point technique fondamental qui conditionne toute l'expression du judo.
- Seoï-nage, Uchi-mata, Morote, O-soto-gari, Ko-uchi-gari… : noms de techniques de projection citées dans l'épisode — chaque nom désigne un mouvement précis codifié par Jigoro Kano.
- Passage de grade / ceinture : système de reconnaissance de la progression technique en judo, du blanc au noir. Dans le club d'Alain Perriot, il est indépendant des résultats en compétition.
- Transmetteur de passion : formule utilisée par Alain Perriot lui-même pour se définir — l'entraîneur dont la mission première est de donner envie de pratiquer et de progresser, pas uniquement de produire des compétiteurs.